Pesante atmosphère qui voyez grandir cette envie pressante de tout foutre en l'air.
Dire : « Merde ! »
Irrespirable atmosphère au sein de laquelle lutte, contre l'asphyxie, cette envie grondante d'envoyer promener tous les préjugés, - bien pis encore - de bouleverser toutes les certitudes superficielles et polluantes d'une vie trop conventionnelle.
Lui dire : « Merde ! »
Aigreurs putrides d'une atmosphère nauséabonde contre laquelle je m'arrache un dernier souffle pour maintenir l'équilibre précaire et branlant d'une position «border-line», suspendu quelque part entre sommets et abîmes du précipice sans fond de la déconfiture.
- « Merde ! »
Odeurs écoeurantes des plaies en putrescence de ce corps écorché, charcuté et émasculé, laissé là, comme abandonné à son bain de vomissures moisies et décomposées, à ce point insupportables que même la mouche bleue - pourtant arthropode nécrophage par essence - se dégoutte à y déposer ses larves affamées de chairs suintantes de décomposition.
Perte de connaissance ; conscience fuyante.
Silence... Je suffoque...
Décélération progressive du pou... Ataraxie passagère imputable au manque d'oxygène dont souffre l'encéphale... Sensation de bien-être croissante... Puis... Stop : instinct de survie, bouffées d'air déchirant la plèvre, synapses assaillis d'un millier de signaux sensoriels, pupilles réceptives qui se brûlent à la lumière étrangement rassurante du jour... Respiration calme, lente, détendue...
Je suis, et je réfléchie !
...
Renverser ma vie. M'arrêter. Repartir. Écrire.
Et reconstruire Ou construire, plutôt ! Mais, construire pour ce qui compte vraiment.
Construire avec ce qui est. M'épanouir dans ce qu'il me faut. Écrire.
Prendre de l'altitude, tourner mon regard vers Vous, Orienter mon objectif vers votre force, et me nourrir de votre essence.
Vous dire : « Je vous adore ! »
Lettres, mots, virgules et guillemets ; points d'interrogations qui ponctuez mes doutes, points d'exclamations qui marquez, par votre éclair saillant, mes émotions les plus vives, points de suspension qui ne finissez plus mes réflexions et points à la ligne qui se jouez de mes alinéas ; vous me ravissez. Parenthèses qui coupez mes développements pour interroger mes déclarations exclamées de certitude ; vous m'amusez. Points-virgules qui ponctuez de votre césure mes hémistiches farfelus, vous m'êtes précieux. Virgules chéries qui, d'asyndète, renvoyez au placard mes conjonctions et adverbes : vous m'émoustillez. Quant à vous, esperluettes ravissantes qui, de vos courbes raffinées, reliez mes compagnies, vous êtes mon point G.
Pourtant, vous parler d'amour insatisfait.
Vous qui m'êtes chers, vous que je dévore chez ces génies qui vous subliment ;
Vous qui me transportez, couchés avec douceur ou violence par la plume de ces artistes adulés ;
Vocables chéris, pourquoi me résistez-vous?
Vous êtes si parfaits, lorsque vous empruntez leurs esprits, pourquoi ne pas m'avoir dit : « oui »?
Frustration amère et grandissante dans ces heures lunaires où je pense à vous, songe à vous et me nourris de vous ... Mais où vous n'êtes au rendez-vous.
Tant d'émotions dévorantes, de souffrances passionnantes, de rêveries funestes que vous me refusez de décrire avec art.
Refus unilatéral catégorique, comme autant de coups portés à la plaie sanguinolente d'une inspiration frustrée.
Je vous déteste, comme je vous aime : avec passion !
[Tremblez ; je vous conquérrai]